la marée des mots

On a plongé vers « La Lune »

Il y a un peu plus de 24 ans, le 15 mai 1993, est repérée, à quelques milles au large de Toulon, l’épave de La Lune, un navire de la flotte de Louis XIV. Cette découverte va entraîner un projet d’envergure sur l’archéologie des grandes profondeurs. Ce que raconte un documentaire projeté à la Marée des Mots 2017.

C’est au cours d’une plongée d’essai du sous-marin Nautile de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) qu’est découverte l’épave de La Lune. Immergée par 91 m de profondeur, elle a fait l’objet aussitôt d’une expertise conduite par Luc Long du département de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, avec l’aide du Nautile et du navire d’Ifremer Le Nadir.

L’analyse des mobiliers observés, en particulier les canons en bronze et une jarre berbère prélevée à cette occasion, et le recoupement des données archéologiques avec la documentation d’archives alors recensée ont aussitôt permis d’identifier l’épave découverte comme celle de La Lune. L’expertise et la couverture photo de 1993 ont également démontré que l’épave était très bien conservée.

Pour la protéger, le site a été interdit à la plongée en attendant un projet d’envergure, projet qui a enfin vu le jour en 2012, sous la direction de Michel L’Hour (Drassm) dans le cadre d’une réflexion sur l’archéologie des grandes profondeurs.

Légende: A bord de l‘ André-Malraux, une archéologue s’entraîne en 3D sur le simulateur archéologique sous-marin développé par Dassault Systèmes. Le casque de la réalité virtuelle et le système « haptique » reproduisent les pédales de contrôle et les pinces du scaphandre « Newsuit » mis en oeuvre sur l’épave de La Lune par la Marine nationale.

(Crédit photo: Osada/Seguin/Drassm/Grand Angle/ Dassault Systèmes/Arte.)

 

L’expédition de Djidjelli

En 1664, Louis XIV, jeune monarque ambitieux, souhaite accomplir un coup d’éclat pour asseoir son autorité en Europe.

Il décide à cet effet de s’emparer d’un port sur la côte barbaresque et de livrer une guerre navale aux redoutables corsaires qui depuis cette côte tiennent la Méditerranée et y pratiquent à grande échelle le commerce des esclaves.

Forte de plusieurs dizaines de navires, l’expédition tourne pourtant au désastre à Djidjelli (aujourd’hui Jijel, ville algérienne sur la côte de Kabylie): l’armée la plus puissante du monde doit battre en retraite et réembarque précipitamment sur de vieux vaisseaux de ligne, dont La Lune.

Au centre de l’épave, l’ancre de miséricorde indique la localisation du grand mât, au pied duquel cette ancre de secours était entreposée. En arrière plan, les canons de la batterie tribord de La Lune.(Crédit photo: Osada/Seguin/Drassm/Grand Angle/ Dassault Systèmes/Arte.)

 

De retour à Toulon, l’expédition en déroute n’est plus la bienvenue et, malgré les nombreux signes qui témoignent du très mauvais état du navire, la Lune est envoyée en quarantaine, aux Îles d’Hyères.  A quelques milles au large de Toulon, le 4 novembre 1664, le bâtiment et 900 soldats et hommes d’équipage coulent “comme un marbre ”, victimes d’une tempête naissante et… des impératifs de la raison d’Etat.

 

Samedi 7 octobre, 14 h, amphithéâtre de  la Bibliothèque Alexis-de-Tocqueville, à Caen, projection de « Objectif Lune : la renaissance du bateau amiral du roi Soleil » (52 mn). Puis échange avec Olivia Hulot, archéologue au Drassm. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 

 

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