la marée des mots

La mer est l’avenir de la terre

C’est vraiment un livre à mettre entre toutes les mains. Avec « La terre est bleue. Atlas de la mer au XXIe siècle » (1), toute une équipe de spécialistes et de journalistes donne une idée claire et saisissante de ce que représentent les océans pour l’avenir de la terre. Directeur de recherches au Centre d’études stratégiques de la Marine (2), Cyrille P. Coutansais a coordonné ce travail mené avec l’hebdomadaire Le Marin. Il est un des invités de la 5e Marée des Mots.

« La terre est bleue. Atlas de la mer au XXIe siècle » est publié aux éditions Les Arènes.

Il existe pas mal d’ouvrages sur la mer, mais aucun ne rassemble autant de thématiques. Elles sont  réparties en quatre grands chapitres et détaillées sur trente-cinq sujets fort bien illustrés: commerce ; ressources alimentaires et e peut se défaire  d’une prise en compte globale. C’est bien là l’intérêt de cet Atlas guidé par le « souci d’être accessible au plus grand nombre », souligne Cyrille P. Coutansais, « ce qui pêche, ajoute-t-il,  dans des travaux de spécialistes ». Avec des exemples parlants, comme la longueur d’un porte-conteneurs qui dépasse la hauteur de la Tour Eiffel, ou sa capacité de transports, qui équivaut à un train de 350 kilomètres ou à 6 000 poids lourds !

Bien sûr, il ne s’agit pas de verser dans une course aux chiffres tous plus surprenants les uns que les autres. Mais, il est quand même un constat, régulièrement pointé au fil des éditions de la Marée des Mots. « La France est à la tête du deuxième espace maritime au monde avec des leaders dans différents domaines, la construction navale, les bateaux de plaisance. » Cette réalité ne semble guère émerger dans les débats politiques actuels.

Un manque de continuité

Cyrille P. Coutansais est plus nuancé. « Au moment de la Conférence de Paris sur le climat (la COP 21, à la fin de l’automne dernier),  les océans étaient bien présents ainsi que l’impact du réchauffement climatique. Il y a toute une série de promesses qu’il va falloir suivre sur les questions de leur préservation. » Il y va de la survie de la planète.

« La politique environnementale et l’état des océans sont tout autant pris en compte par l’Europe, même si on a tendance à voir ça de manière un peu sectorielle », observe le chercheur. « En France, ajoute-t-il, Ségolène Royal s’efforce, on le voit bien, de mettre en avant les océans, l’éolien, la stratégie mer et littoral. Mais quand on considère la question de la mer sur une longue période, depuis Richelieu, on se rend compte que la France manque de continuité. »

« L’empire des mers. Atlas de la France maritime » (3), autre ouvrage de Cyrille P. Coutansais, publié l’an dernier comme « La Terre est bleue » met en avant  les rendez-vous manqués de la France. « C’est un très bon complément au livre de Jean-Marie Biette, « La mer est l’avenir de la France » (3) qui souligne combien on est à un nouveau carrefour. »

 

Eviter les horreurs

Jean-Marie Biette.

Jean-Marie Biette est également invité de la Marée des Mots pour débattre avec Cyrille Coutansais. Journaliste, il est aujourd’hui secrétaire général d’Infomer (4), le pôle Mer du groupe « Ouest France ». « Nous avons un futur commun à protéger ensemble », concluait-il dans une interview à « Dimanche Ouest-France » au moment de la publication de son livre. « Tous ceux qui s’intéressent à la mer, de Jean-Luc Mélenchon, du Front de Gauche, au député UDI, Philippe Folliot ou encore à Frédéric Moncany, président du Cluster maritime (les industries maritimes) sont persuadés que si on ne régule pas (pour un développement durable), on reproduira les mêmes horreurs que sur la terre… La mer, milieu par définition ouvert offre l’occasion d’un développement humain harmonieux. »

Un exemple tout simple : le cauchemar que représentent les sacs plastiques , « que l’on retrouve dans toute la chaîne alimentaire. Imaginons qu’on décide d’un coup de passer aux sacs en algues. Ils sont autant résistants et, surtout, biodégradables en quelques heures dans la mer. Ce n’est pas une vie de l’esprit ; ça existe. »

« La mer est l’avenir de la France » aux éditions L’Archipel.

Cyrille  P. Coutansais en a été même surpris. « J’ai découvert, avoue-t-il, un marché très porteur, l’algoculture. Il est en pleine expansion. Et dans ce domaine, la France est en retard. Elle produit moins d’algues qu’elle n’en importe. C’est quand même paradoxal ! »

 

(1) « La terre est bleue. Atlas de la mer au XXIe siècle ». Editions Les Arènes. 185 p. 29,90 €

(2) Pour consulter ses articles en ligne : cesm.marine.defense.gouv.fr

(3) « L’empire des mers. Atlas de la France maritime ». CNRS Editions. 333 p. 25,90 €.

(4) « La mer est l’avenir de la France ». Editions de l’Archipel. 224 p. 18,95 €.

(5) Infomer publie « Le Marin », « Cultures marines » et « Produits de la mer » et des ouvrages à Marine éditions.

« La mer, un atout stratégique », débat avec Cyrille P. Coutansais  et Jean-Marie Biette, samedi 1er octobre, 15 h 15, à l’auditorium du château de Caen. Entrée libre.

 

 

 

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