la marée des mots

L’amiral Le Cannellier, « une belle vie de marin »

Il existe à Cherbourg une rue François-Octave Le Cannellier. Cette dénomination est la seule à faire mémoire à un homme qui consacra toute sa vie à la Marine, de la deuxième partie du XIXe siècle au début des années 1930.  Une imposante biographie que l’on doit à Jean-Pierre Marin sort de l’oubli un personnage, qui associa à son métier la recherche scientifique et compta parmi les plus hautes  autorités de l’Etat. Jean-Pierre Marin est un des invités de la Marée des Mots.

Avocat honoraire, ancien président des barreaux de Normandie, Jean-Pierre Marin a un goût prononcé pour l’écriture. Il la met au service de l’histoire, dont il aime explorer la vie de ses acteurs. S’il s’est penché sur celle de François-Octave Le Cannelier, il le doit à la découverte fortuite de plaques photographiques datant de la fin du XIXe siècle. Entre chacune était inséré un courrier à en-tête de la Préfecture maritime de Cherbourg.

Droits réservés. Collection privée.

François-Octave Le Cannellier, alors commandant, en 1905. (Collection privée. Tous droits réservés).

Il ne restait plus qu’à tirer le fil… Cinq bonnes années de travail pour restituer la carrière remarquable d’un officier né en 1855 à Barneville-Carteret et dont les obsèques, en 1933, à Cherbourg, rassemblèrent une foule impressionnante par son ampleur. François-Octave Le Cannellier ne fut pas seulement un marin, mais aussi un scientifique. Ses travaux  sur le magnétisme terrestre font encore référence.

Il a été proche de l’explorateur Jean Charcot. Il a participé à la première année polaire internationale en 1882-1883. A l’occasion de cette mission autour du Cap Horn et de la Terre de Feu, il a vécu auprès des indiens yaghan et alakaluf, peuples aujourd’hui disparus.

Jean-Pierre-marin

Jean-Pierre  Marin a pris soin d’inscrire cette biographie dans un contexte géopolitique fertile en événements avec la conquête coloniale et la Première guerre mondiale, notamment.  Il les restitue à travers une abondante documentation, dont les citations éclairent le récit. Deux tomes ont été nécessaires pour retracer cette « belle vie de marin », comme la qualifie dans la préface Gilles Désiré dit Gosset, conservateur du Patrimoine.

« François-Octave Le Cannelier, amiral normand (1855-1933) ». Deux  tomes. Livre premier, « La Révélation », 442 p. ; livre deuxième, « L’accomplissement », 500 p. Aux éditions L’Harmattan. 39 € chaque tome.

.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *